Revue de presse

28.09.2012

Pas d'atterissage en vue pour les prix dans le secteur immobilier

Malgré la demande soutenue, le marché devrait se calmer à cause des directives plus strictes dans l'octroi de prêts hypothécaires.

Le marché de l'immobilier, tel un grand malade, n'a jamais été aussi ausculté, analysé et même disséqué par tous les acteurs qui gravitent autour de lui. Dernier avis en date, celui du Credit Suisse. Il vient d'établir un nouveau diagnostic.

Résultat : malgré tous les signaux d'alerte allumés depuis des mois, il n'y a toujours pas de quoi s'alarmer. Pas de bulle immobilière en vue dont ont pourrait craindre l'éclatement. Tout au plus s'agit-il de "surveiller attentivement" le patient ! La raison est que les conditions actuelles du marché immobilier préservent un certain équilibre dans la stabilité.

"Les fondamentaux du marché du logement suisse ne laissent toujours présager aucune inversion de la tendance à la stabilité enregistrée depuis de nombreuses années" écrit le service Economic Research du Credit Suisse dans le Moniteur immobilier du 3e trimestre. L'offre de logements ces dernier mois n'a en effet pas permis d'atténuer la pénurie. Malgré des carnets de commandes pleins à craquer, la production de logements s'est révélée étonnamment modérée au 2e trimestre, selon les auteurs de l'étude.

Leur explication : de "mauvaises conditions météorologiques en début d'année ainsi qu'une branche de la construction travaillant à ses limites de capacité". Or, pendant ce temps, la demande de logements ne s'est pas calmée, comme l'atteste le dernier recensement des logements vacants, qui ne comptabilise que 100 logements locatifs inoccupés supplémentaires sur le plan suisse ! Soit un taux de vacance qui s'est maintenu à 0,94%.

Rien d'étonnant si on voit l'évolution de l'économie : "Sur les 12 derniers mois, le petit miracle économique suisse a créé 50'000 emplois nets". De quoi "absorber facilement les immigrants de nationalité étrangère, qui continuent à s'installer dans le pays principalement pour y exercer une activité rémunérée". Pour le 1er semestre, l'immigration a progressé de 4,4% en comparaison à 2011.

La de mande en logements en propriété est, elle, toujours encouragée par les taux hypothécaires très bas ainsi que, selon la banque, par "la forte hausse des salaires réels", qui accroît la demande de surfaces habitables et favorise un certain glissement des locataires vers la propriété, malgré des coûts élevés. Autre constat des chercheurs du Credit Suisse : "Le fait que le nombre de demandes de permis de construire crève littéralement le plafond est imputable au prochain gel des constructions de résidences secondaires dans l'arc alpin".

Demande régulée

La banque ne craint pas d'effet pervers de ces différents phénomènes sur le marché. Car la régulation calme la demande. Le cercle des futurs propriétaires potentiels devrait se restreindre à cause des nouvelles directives en matière d'octroi de crédits hypothécaires des banques. "Nombre de ménages devraient se voir refuser un financement en raison de l'exigence relative à la part minimale de fonds propres de 10% sur la valeur du nantissement".

Les prix des transactions de propriétés - qui avaient encore augmenté au 2e trimestre, contrairement aux nouvelles constructions - "vont dès lors aussi être freinés, enregistrant non seulement un ralentissement de leur progression, mais aussi peut-être un léger recul". Les chercheurs du Credit Suisse se veulent toutefois rassurants : "Ce ralentissement ne signifie en aucun cas que la tendance est en passe de s'inverser, la demande étant simplement trop soutenue pour cela" !

Source : 24 heures, JMC