Revue de presse

13.08.2012

Autoroute A1 - L'ATE préconise le grand contournement de Morges

L’Association Transports et Environnement (ATE) accepte cette variante à condition que les tronçons Lausanne-Sud-Morges et Ecublens-Villars-Ste-Croix soient déclassés en boulevards urbains.

« C’est une vision d’agglomération à très long terme », a expliqué lundi à Lausanne Valérie Schwaar, secrétaire générale de l’ATE Vaud. Reconnaissant que « l’autoroute fait partie des modes de transport », elle souligne toutefois qu’il ne faut pas étendre le réseau pour augmenter le trafic global.

L’objectif doit clairement viser la limitation des nuisances pour les habitants de la région. Pour supprimer «la balafre de Morges», l’ATE se dit favorable au petit contournement de Morges si la construction est pour l’essentiel souterraine et n’augmente pas le nombre de pistes (2x2).

L’ATE privilégie cependant une vision plus large et plus ambitieuse. A ses yeux, le grand contournement permettrait de « sortir l’autoroute » de l’agglomération Lausanne-Morges. Cette variante implique néanmoins que l’on dissolve trois tronçons dans le tissu urbain (traversée de Morges, Ecublens-Villars-Ste-Croix, Ecublens-Maladière).

Outre ces déclassements, l’ATE exige, entre autres, que la construction du nouveau tronçon soit entièrement souterraine. Pour Roger Nordmann, vice-président de l’ATE, l’Office fédéral des routes (OFROU) se comporte comme « une administration centrale française » et risque de «tout bloquer» avec sa politique uniquement « quantitative ». Construire le grand contournement de Morges tout en gardant le réseau autoroutier actuel qui traverse cette ville va susciter tellement d’oppositions que rien se fera, selon le conseiller national socialiste vaudois. Cette vision « maximaliste » est « totalement inacceptable » à son avis.

Musique d’avenir 

Face à cet affrontement prévisible, il convient de réfléchir à plus long terme afin de «libérer tout l’ouest lausannois» de l’autoroute. L’ensemble du trafic de transit serait dirigé sur le contournement qui éviterait Morges et Lausanne, alors que l’agglomération que forment ces deux villes pourrait être réaménagée et densifiée.

Pour l’heure, Berne n’a jamais accepté de déclassement d’autoroute en boulevard urbain ouvert à tous les modes de transport, reconnaît l’ATE. L’OFROU a annoncé qu’elle ne retenait plus la variante du petit contournement de Morges. Quant au calendrier, Roger Nordmann juge que les travaux ne commenceront de toute façon pas avant 2025-2030. Aujourd’hui, « il n’y a ni planification précise, ni financement », affirme-t-il.

L’OFROU estime le coût du grand contournement à environ trois milliards de francs. En avril, l’office a souligné sa préférence pour «la version longue». Il notait alors que le déclassement éventuel de la traversée de Morges serait tranché « ultérieurement ». Construire le grand contournement tout en conservant la route nationale existante « assure une redondance du réseau routier et donc une grande stabilité ».

Déclasser la traversée de Morges soulagerait la zone d’habitation riveraine, mais ne supprimerait pas « la coupure urbanistique » et entraînerait des surcoûts liés notamment à la démolition de l’autoroute, précisait à l’OFROU.

Source : 24 heures / ATS