Revue de presse

08.08.2012

Urbanisme - La Ville accusée de spolier l’immobilier lausannois

La droite dénonce la politique de la Ville, qui ne construit plus que des logements sociaux et écarte les investisseurs privés.

Guy Gaudard est remonté comme un coucou. Le conseiller communal PLR est exaspéré par la politique que mène la Municipalité en matière de construction de logements. « Il n’y en a que pour les entités appartenant à la Ville, s’agace-t-il. Depuis quelque temps, je constate que les acteurs privés sont écartés de projets intéressants. Cela s’est accentué avec l’arrivée de Grégoire Junod à la Municipalité ».

Terrains convoités

Ce patron d’une PME d’électricité va déposer une motion à la rentrée pour que 30% des nouvelles parcelles acquises par la Ville soient réservées à des privés. « Qu’au moins une partie de ces terrains fasse l’objet d’un appel d’offres et que la Ville ne se garde pas les meilleurs morceaux, précise Guy Gaudard. Comme pour le projet des Fiches-Nord. C’est un terrain très bien placé, à proximité du M2, souligne-t-il. Mais la Ville a réservé ses parcelles à la Caisse de pensions du personnel de la Ville, à la Société immobilière lausannoise pour le logement (SILL) et à la Fondation lausannoise pour la construction de logements ». Le PLR pointe aussi du doigt le projet à Bonne-Espérance ou la revente de huit immeubles par la Caisse de pensions de la Ville à sa Fondation pour la construction, du côté des Boveresses.

« Que du social ! »

« La Ville doit comprendre qu’elle ne peut pas construire que des logements à loyer modéré. Nous avons aussi besoin de gens qui paient des impôts », s’inquiète Guy Gaudard. Il est rejoint sur ce point par le président de la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE), Jean-Pierre Rosselet. « Ce n’est plus que du logement social qui se construit à Lausanne. Mais il faut les financer. Des parcelles doivent être vendues à des privés capables de faire venir les gens qui ont les moyens ». La FVE et le Centre patronal réfléchissent d’ailleurs à investir leurs fonds de pension dans la construction de logements à travers le canton.

Le municipal socialiste du logement, Grégoire Junod, ne voit pas d’un mauvais œil cette initiative des milieux patronaux. « Tant que le rendement reste raisonnable ». En revanche, il réfute écarter les privés des projets immobiliers. « Par exemple, dans le projet de 150 logements au Calvaire, c’est 50% pour la SILL et 50% pour une coopérative privée ». Mais l’édile souligne qu’il est attentif à travailler prioritairement avec des fondations d’utilité publique ou des coopératives. « Des logements accessibles à la majorité des Lausannois doivent être construits sur les parcelles de la Ville ». Pour le projet Métamorphose, le municipal explique que la politique est d’un tiers de logements subventionnés, un tiers à loyer contrôlé et un tiers au marché libre, ou même en propriété par étages. « En matière de logement, l’enjeu et double : construire pour répondre à la pression démographique, mais aussi faire en sorte que les gens puissent y accéder ».

Source : 24 heures / RB