Revue de presse

23.08.2018

Les Suisses ont 740 milliards de dettes hypothécaires

Pour le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD), la fiscalité doit pousser les gens à amortir davantage. Mais il estime qu'il faut continuer à soutenir l'acquisition du premier logement pour les jeunes familles.

Le projet de la Berne fédérale de supprimer l'imposition de la valeur locative, d'un côté, et de supprimer, de l'autre, les déductions fiscales pour les intérêts hypothécaires ou les frais d'entretien, est un choc pour les propriétaires helvétiques. Ceux qui ont amorti leurs biens y gagnent. Ceux qui comptent sur la déduction des intérêts hypothécaires pour faire baisser leurs impôts y perdent.

Les propriétaires, qui ont un ou plusieurs emprunts à la banque, sont très nombreux en Suisse. Dans cette réforme fiscale, ils doivent s'inquiéter d'un changement de système, qui risque de perturber l'équilibre budgétaire de leur ménage. Le conseiller national et secrétaire de la Fédération romande immobilière, Olivier Feller (PLR/VD), rappelle qu'en Suisse: «La dette hypothécaire globale est de 740 milliards de francs, soit 115 % du PIB! Ce n'est pas une situation saine». Cela dit, à un taux de 2%, les intérêts de cette dette représente un montant de 15 milliards de francs payés chaque année aux banques: «C'est clair que les banquiers ne vont pas voir ce projet d'un bon œil...»

S'endetter plutôt qu'amortir

Pour le Vaudois, le système actuel incite les propriétaires à rester endettés, plutôt que d'amortir et devoir payer l'imposition sur la valeur locative: «Du point de vue de la propriété, c'est n'est pas une bonne situation. Le système actuel n'est pas logique. D'une part on taxe les propriétaires sur un revenu fictif et en compensation on leur permet de déduire ce qu'ils dépensent en intérêts ou en frais d'entretien ou de rénovation.»

Sur le principe, les milieux immobiliers saluent l'abolition de l'imposition de la valeur locative. Le problème, c'est que le manque-à-gagner fiscal de cette abolition va se reporter sur la catégorie de propriétaires qui ont des emprunts. «Mais, précise le conseiller national, nous tenons à ce que le projet conserve une modalité fiscale pour les jeunes familles, qui font l'acquisition d'un premier logement, et qu'elles puissent continuer à déduire les intérêts hypothécaires. Mais peut-être dans une forme plus limitée qu'aujourd'hui.»

Source : lematin.ch