Revue de presse

15.07.2012

Urbanisme lausannois - La stratégie des tours est annoncée pour la fin 2012

Faut-il construire en hauteur ? Un document conçu à l’échelle du Grand-Lausanne permettra de lancer le débat.

Les projets de tours bourgeonnent dans le Grand-Lausanne. Pourront-ils éclore? A Bussigny, à Chavannes et au cœur de Lausanne, les trois premiers projets à parvenir au niveau des décisions parlementaires se heurtent à une même réticence: «Des tours peut-être, mais pas avant de disposer d’une réflexion à l’échelle de l’agglomération pour déterminer où les construire», exigent en chœur élus et réfractaires.

 

Un mode d’emploi
Promis d’abord pour l’été 2011, puis pour l’hiver suivant, ce mode d’emploi pour le développement en hauteur de la ville est désormais annoncé pour la fin 2012. Cette fois, Ariane Widmer a bon espoir que ce nouveau délai soit tenu. Au titre de directrice du Schéma directeur de l’Ouest lausannois (SDOL), l’urbaniste est bien placée pour dire où en est ce travail fondamental.

De nature intercommunale, son service n’est qu’une des composantes du Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM). Mais ses partenaires des autres secteurs l’ont chargé de piloter l’étude pour une «stratégie d’implantation des tours», comme il en existe dans la plupart des grandes villes alémaniques. Cette organisation coulait de source, la plupart des tours étant envisagées dans l’Ouest lausannois.

Une urgence, des hésitations
Pour ce qui est du retard, Ariane Widmer l’avoue volontiers: «Vu nos ressources humaines, nous avons dû établir des priorités.» La stratégie des tours est passée derrière une urgence majeure: remettre à la Confédération en juin passé le «rapport PALM 2e génération».

Il faut dire aussi que les communes de l’Est ont souffert d’hésitations. Après avoir considéré que la question des tours ne les concernaient pas, elles ont fini par s’associer à la réflexion. De la sorte, elles sauront comment évoluent des projets qui se verront depuis chez elles, aussi orientales soient-elles. Mais, du coup, les plans de base de la réflexion stratégique ont dû être retravaillés…

Quatrième atelier à l’automne
Désormais, la fameuse stratégie est à bout touchant. Elle repose sur l’analyse menée par l’urbaniste zurichois Pierre Feddersen, grand spécialiste du domaine. L’automne prochain, un « atelier » composé des techniciens des communes et de leurs municipaux examinera pour la quatrième fois le dossier. Le rapport devrait ensuite être validé par les autorités communales du PALM, si possible avant la fin de l’année.
Du contenu, Ariane Widmer ne dit rien: « Aux élus de se prononcer. » Mais elle prévient de trop fortes attentes: « Ne vous attendez pas à voir fixé au mètre près l’emplacement de tours futures. » Ce sont plutôt des espaces propices qui sont définis. Dont, sans surprise, plusieurs se situent sur les friches qui se prolongent jusqu’à Renens et Bussigny, le long des lignes CFF.

 

Les bonnes questions
Pour le reste, la «stratégie des tours» sera surtout une « boîte à outils » qui fournira aux communes les questions à se poser, et à poser aux promoteurs, pour réussir au mieux un projet. Tout cela n’arrive-t-il pas un peu tard pour la tour Taoua, dont le Conseil communal lausannois devrait débattre avant la fin de l’année? Et pour celle de Bussigny contre laquelle un référendum vient d’aboutir ? Ou encore pour la tour des Cèdres, à Chavannes, qui pourrait être la cible d’un même assaut ?

Non, assure Ariane Widmer. « Ces trois projets sont à l’étude depuis des années et ont anticipé les principes de notre stratégie. » A partir de là, l’aménagiste du SDOL ne s’effarouche pas: « Le programme que nous finalisons permettra d’ouvrir un débat public. Comme Zurich en a fait l’expérience, nous en sortirons mieux armés pour produire des projets emblématiques pour la ville. » 

Source : 24 heures