Revue de presse

10.09.2013

Accident d'ascenseur

Vaud n'a pas de loi contraignant les propriétaires à moderniser leur installation.

Après l’accident survenu à Villeneuve vendredi dernier, l’association des entreprises suisses d’ascenseurs (ASA) déplore l’absence de loi vaudoise pour éradiquer les ascenseurs sans double porte. Déjouant l'attention de sa mère, un enfant de 20 mois avait été grièvement blessé après s'être coincé le bras dans l'ascenseur d'un petit immeuble.

«Contrairement à Genève ou à Zurich, Vaud n’a pas de loi ou de règlement contraignant les propriétaires à moderniser leur installation», déplore Silvia Glaus, directrice de l’ASA. A la différence de la maintenance, obligatoire et parfaitement codifiée, tout ce que l’ASA préconise ne vaut dès lors qu’au titre de recommandations que le propriétaire est libre ou non de suivre.

Double porte

Pour les constructeurs d’ascenseurs, la présence d’une porte de cabine est la plus importante des trois mesures de réduction des risques. «En Angleterre par exemple, les règles sont beaucoup plus sévères qu’en Suisse, explique Silvia Glaus. Vous ne trouverez plus là-bas d’ascenseurs sans double porte.» Suivent dans ces mesures la précision de la hauteur des arrêts et la mise à disposition en cas de blocage d’un d’avertissement vocal et bidirectionnel.

Les accidents d’ascenseurs sont rarissimes eu égard à la fréquence de leur utilisation. Pas de statistique précise cependant, ces événements ne devant pas être obligatoirement annoncés. L’ECA, qui centralise les interventions des sapeurs-pompiers dans le canton, compte en moyenne 400 sauvetages par année, dont six environ pour secourir des personnes blessées, coincées entre la cabine et les parois de la cage d’ascenseurs. Au niveau national, la SUVA a comptabilisé 960 accidents professionnels en 2011, chiffre extrapolé sur la base d’un échantillon.

Propriétaires non responsables

C’est à la suite d’une série noire et de cas dramatiques que Genève et Zurich ont été amenés à légiférer. Pour autant les copropriétaires de l’ascenseur incriminé à Villeneuve ne peuvent être tenus pour responsables de la vétusté de leur installation.

Ce matériel répond en effet aux normes de l’époque de sa mise en fonction. Pour cet installateur spécialiste des questions de sécurité, «ils ne seront contraints d’adopter un système à double porte que s’ils entreprennent une rénovation lourde en vertu d’une norme européenne».

Avec le temps donc, le parc d’ascenseurs vaudois, estimé à quelque 20'000 cabines, dont près de la moitié a plus de 20 ans d’âge, sera donc entièrement équipé de doubles porte.

Source : 24heures.ch, Georges-Marie Bécherraz