Revue de presse

09.09.2013

Ruée vers Broye des promoteurs immobiliers

Le nombre de nouveaux quartiers résidentiels ne cesse de croître. Leur dimension et celle des promoteurs aussi.

La population de la Broye vaudoise et fribourgeoise a augmenté de 10% et 13% en cinq ans, et ce n’est pas près de s’arrêter. En deux mois, les bourgs de Payerne et d’Estavayer-le-Lac (FR) ont annoncé la mise à l’enquête de deux quartiers pharaoniques. A eux deux, ces projets totalisent un millier d’appartements, dans 65 immeubles, sur 14 hectares. Le nombre de nouveaux habitants est estimé à 2900 pour les deux chefs-lieux. Les terrains, idéalement situés, verront poindre les premières grues en 2014. Dans les villages, on suit la tendance. La Commune de Valbroye cherche à construire les derniers champs libres en plein centre de Granges-près-Marnand, sur plus de 3 hectares. A Moudon, on planche sur l’urbanisation de 8 hectares, autour du vieil arsenal… Un véritable chamboulement dans une région où l’immobilier rimait il y a encore cinq ans avec quartiers de villas, fermes et rares immeubles.

La Côte sature

«Ce genre de grands projets se multiplie dans tous les centres urbains», confirme Philippe Gmür, chef du Service du développement territorial. A l’image de Gland, qui voit pousser un important quartier mixte de consonance finlandaise. «Mais les besoins en logements sur l’arc lémanique n’arrivent plus à être satisfaits, ce qui pousse les promoteurs dans les régions où l’offre était jusqu’alors moins développée. Cela est notamment le cas dans la Broye.» Une région où les urbanistes constatent une certaine inadéquation typologique entre les constructions réalisées et les besoins de la population. En clair, «on n’a pas développé suffisamment de logements à prix abordables», observe le chef de service. Un filon que comptent bien exploiter les nouveaux projets, qui assemblent des immeubles de location et des propriétés par étages de meilleur standing.

Du côté des Broyards, on assiste souvent incrédule à l’arrivée de nouveaux promoteurs, magnats de l’immobilier plus souvent observés sur La Côte, Lausanne ou Fribourg. «On reçoit des offres de boîtes genevoises ou valaisannes», s’étonne le syndic de Lucens.

«C’est que la région est attractive, les prix des terrains sont raisonnables et le cadre est idéal», résume Boris Clivaz, directeur de Gefiswiss SA, le promoteur du quartier staviacois, qui s’intéresse de près aux autres «perles» de la région. Région qualifiée d’ailleurs de «star» dans une étude d’UBS. «Ce qui limite la mise en place de véritables quartiers durables, c’est principalement l’ampleur des projets ou la politique en matière de transports publics.»

Projeté depuis dix ans

A Payerne ou à Estavayer, il s’agissait dans les deux cas de gigantesques parcelles, gardées en réserve stratégique par les Communes depuis dix ans. Souvent, les plans de développement insistaient déjà sur la nécessité d’avoir un unique propriétaire et un projet unitaire. A Estavayer, la Commune se glisse parmi les investisseurs pour garder la main sur le processus.

Quand aux parcelles situées dans le périmètre des agglomérations, elles ont pris d’autant plus de valeur avec l’introduction de la loi sur l’aménagement du territoire. «Ce qui change, reprend Boris Clivaz, c’est qu’on intègre obligatoirement des questions de mobilité douce, d’insertion globale ou d’environnement. Un petit promoteur ne peut pas forcément mandater un physicien et commander une étude pour chaque petit projet.» Mais, rassure la syndique de Payerne, Christelle Luisier, «notre volonté n’est pas de lancer trois quartiers de 1000 habitants en même temps. Il faut planifier et absorber ces nouveaux habitants, en termes d’emplois, d’écoles, de transports…»

Source : 24heures.ch, Erwan Le Bec