Revue de presse

19.08.2013

Maisons de luxe moins prisées

L’immobilier de prestige connaît lui aussi la crise: l’offre est supérieure à la demande.

Le marché de l’immobilier de prestige a du plomb dans l’aile. Sur les sites des agences immobilières spécialisées dans le haut de gamme, on retrouve nombre de biens qui, jusqu’ici, réussissaient à trouver preneur sans que les riches propriétaires ne soient obligés de dévoiler en images leur maison et leur intimité. «Moins l’on expose un bien et plus il est intéressant», constate Dano Halsall, l’ancien champion recordman du monde de natation, reconverti dans l’immobilier au sein de sa société l-agen.se. Depuis dix mois, l’immobilier de luxe connaît un contexte de fort ralentissement. Du coup, les prix baissent gentiment. «La crise frappe fort pour les biens à partir de 4 millions. Elle touche aussi la clientèle étrangère, les Anglais notamment. Il faut dire que beaucoup de biens avaient été mis sur le marché de manière spéculative», poursuit Dano Halsall.

«La demande est moins forte ces derniers mois», confirme Cyril Aellen, président de la Chambre genevoise immobilière. Et d’ajouter: «Ce marché est un marché de niche et je pense qu’il est encore difficile à ce stade de tirer des conclusions.» Reste que, rien que du côté de Cologny (GE), plus d’une vingtaine de propriétés sont actuellement en vente. Sans compter les terrains constructibles.

Présentée comme la maison «la plus calme au monde» par le Mail Online, la propriété des Tourelles à Genthod (GE) cherche un acquéreur pour la modique somme de 71 millions de francs. Dans le canton de Vaud, où les propriétés sont généralement beaucoup plus vastes qu’à Genève, la tendance n’est pas différente. Le château d’Allaman, par exemple, attend un nouveau propriétaire depuis près de trois ans. Selon nos informations, des Chinois l’ont visité dernièrement: ils n’auraient toutefois pas encore déboursé les plus de 120 millions demandés.

Instabilité fiscale

A de tels tarifs, les candidats à l’achat ne se bousculent pas au portillon. Même du côté des «nouveaux riches» venus de l’Est ou de pays émergents. Selon Abdallah Chatila, actionnaire de la régie CGi Immobilier interviewé hier dans «Le Matin Dimanche», «l’instabilité fiscale des accords bilatéraux enlève une grande partie de l’attractivité du marché suisse et amène les riches étrangers à s’établir à Londres, à Bruxelles ou encore à Monaco.»

De fait, comme l’offre est désormais largement supérieure à la demande, les clients intéressés prennent davantage de temps pour visiter des propriétés, réfléchir et négocier des prix à la baisse. La tendance devrait se poursuivre ces prochains mois.

Source : lematin.ch, Valérie Duby