Revue de presse

21.11.2012

L’énorme potentiel de l’isolation des bâtiments

Les bâtiments absorbent presque la moitié de notre consommation d’énergie primaire. D’ici 2035, la Suisse entend faire baisser cette part à 35%. Les constructions devront consommer plus malin et devenir à terme à énergie zéro ou à énergie positive.

Pour atteindre ses buts, Berne mise sur les mesures d’encouragement à l’efficacité énergétique pour les bâtiment anciens et sur des normes plus sévères pour les constructions nouvelles. Dès 2015, les subventions à l’assainissement énergétique des bâtiments doivent tripler, de 200 à 600 millions de francs par année.

Dès 2020, «les nouveaux bâtiments devront dans la mesure du possible s’approvisionner de manière autonome tout au long de l’année», écrit la Conférence des services cantonaux de l’Energie. Le but rejoint ceux de l’UE, qui veut des bâtiment «largement autonomes». Même les Etats-Unis ne veulent plus construire d’ici 2020 que des maisons à énergie zéro, comme l’énonce leur programme technologique.

La technologie est là

Les chercheurs ne doutent pas que ce but puisse être atteint. «Le bâtiment du futur ne dépendra pratiquement plus de l’énergie externe», explique Gian-Luca Bona, directeur de l’Empa, le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche. A l’avenir, on aura même des maisons qui produiront plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Et l’on pourra utiliser ce courant excédentaire par exemple pour charger les batteries de voitures électriques.

En 1975, une construction neuve consommait 22 litres d’équivalent pétrole par mètre carré. En 1995, le chiffre était tombé à 11 litres. Aujourd’hui, une maison Minergie n’en consomme plus que 4. Selon les chercheurs de l’Empa, les technologies et les matériaux qui permettent de construire des maisons à énergie zéro sont déjà disponibles.

L’isolation de pointe reste chère

L’assainissement des anciens bâtiments sera lui plus problématique. «Ici, on est bien loin de l’efficacité énergétique que l’on peut atteindre avec des constructions neuves», note Hans Simmler, directeur du développement chez swisspor, une entreprise de matériaux pour enveloppes de bâtiments.

Les techniques progressent toutefois aussi dans le domaine de la rénovation, et on développe de nouveaux matériaux d’isolation. «On a déjà un large éventail de matériaux éprouvés à disposition pour les constructions anciennes. Pour la même épaisseur, vous avez une meilleure isolation, ou alors, vous arrivez à la même isolation avec des couches moins épaisses. Les développements se poursuivent dans cette direction», affirme Hans Simmler.

Pour l’instant, les isolants de pointe restent chers. Mais Hans Simmler est convaincu qu’avec «plus de volumes, plus de concurrence et plus de fabricants, les prix vont baisser».

L’isolation des façades classées au titre de patrimoine historique représente un défi particulier. «Ici, l’épaisseur de l’isolation doit être minimale. Et on devra ajouter une isolation intérieure pour arriver à une température raisonnable. En fait, on dispose aujourd’hui de techniques qui permettent d’assainir les bâtiments délicats et de les rendre à la fois moins gourmands en énergie et agréables pour leurs habitants», explique Hans Simmler.

La Confédération et les cantons soutiennent l’assainissement énergétique des bâtiments existants. Les subventions doivent permettre quelque 10'000 rénovations par année. Le programme existe depuis six ans et vient d’être prolongé jusqu’à fin 2015. Par la suite, ces subventions doivent tripler.

Le conseil du spécialiste

La question du financement de ces rénovations fait toutefois encore l’objet de débats politiques. Le programme actuel est financé par une taxe sur le CO2.

Il est conçu «de telle manière à permettre aussi les rénovations partielles, note Sabine Perch Nielsen, directrice du Programme Bâtiments de la Conférence des services cantonaux de l’Energie et de l’Office fédéral de l’Energie. Les gens n’ont pas tous les moyens d’effectuer une rénovation complète d’un seul coup. Mais ce qui est important, c’est de faire les choses dans un certain ordre».

 Une erreur typique serait par exemple «de changer les fenêtres et de faire la façade trois ans plus tard, pour s’apercevoir que la jonction entre les fenêtres et la façade ne joue plus», explique Sabine Perch Nielsen. C’est la raison pour laquelle le programme prévoit aussi l’assistance et les conseils des spécialistes.

Source : swissinfo.ch, AK